Je vais être concise, je viens de perdre tout ce que je viens de taper depuis 40 min ... Internet a parfois ses limites.
Nous sommes partis de M'Bour en fin de matinée après avoir reçu les appels de Radio Nova et Africa N°1. Pour une fois nous avons réussi à leur donner un numéro de téléphone fixe pour nous joindre. En ce moment le téléphone satellite ne marche pas très bien, peut-être à cause de l'harmattan ?
Nous sommes arrivés rapidement sur Joal-Fadiouth qui est en fait une commune constituée de 2 villages. Joal est sur la terre et relié à Fadiout, situé sur une île, par un pont. Nous avons rencontré la sage femme du dispensaire de Joal. Elle nous a expliqué le programme de prévention contre le SIDA mis en place dans la commune, notamment auprès des prostituées, et nous lui avons fait don d'une grosse boîte de préservatifs. Nous sommes allés ensuite visiter Fadiout, où nous avons dormi face à la mer ... Le lendemain nous sommes allés visiter le cimetière aux coquillages, situé sur une île attenante à Fadiout et reliée par un pont. Comme à Fadiout, le sol est recouvert de coquillages et la vue est magnifique au sommet de la colline.
Fadiout est composé à 90% de catholiques qui sont, de plus, de fervents pratiquants. L'église est comble à l'heure de la messe et les gens sont même assis dehors pour la suivre. Comme la majeure partie du Sine-Saloum, la population est sérère.
Le lendemain nous sommes repartis en direction de Fimela, à une trentaine de kilomètres de là, par une très mauvaise piste. De la tôle ondulée musclée ... un cauchemar pour les cyclistes. Nous avons quand même visité le plus grand baobab du Sénégal en cours de route et une magnifique savane peuplée de baobabs et de manguiers. La piste traverse même une grande forêt de roniers (arbre ressemblant au palmier) classé au patrimoine mondial. Arrivés à Fimela, mauvaise nouvelle, la chambre à air de Lionel a littéralement explosé et il peine à la changer car ses pneus polonais sont hyper raides. Pendant ce temps, un nuage de gamins s'est formé autour de nous, très intéressés par nos vélos et attentifs au moindre geste de notre Lionel. Il nous faut repartir pour Djilas où nous attend depuis 2 mois un carton de préservatifs que nous a déposé Vincent Bourquard en voyage dans la région en 4X4. Il l'a déposé chez les soeurs Saint Thomas de Villeuneuve, qui nous ouvrent une salle de classe pour passer la nuit. Elles nous ont offert un copieux repas et un super petit-déjeuner avant de repartir le lendemain.
Après ce petit détour par Djilas, nous filons maintenant vers NDangame, au bord du Sine Saloum où nous voulons traverser en pirogue pour rejoindre Foundiougne. En chemin, je remarque des pancartes indiquant Djilor comme un village tout proche alors que pour moi il est proche de Foundiougne ... bizarre. La réponse se trouve à NDangame. Il existe 2 Djilor, un petit et un grand. Le petit est en fait celui que je cherchais et n'est pas indiqué sur les cartes. A Djilor, nous avons en effet une petite visite à faire. C'est en fait le vrai village natal de Senghor qui est né pendant l'hivernage, donc il a fallu attendre 4 mois pour venir l'enregistrer à Joal Fadiout. Voilà pourquoi on annonce souvent Joal Fadiout comme lieu de naissance de Senghor ... A Djilor, nous voulons également rencontrer Gabriel Bakroum et Thérèse Senghor, des amis de Vincent Bourquard. Nous nous installons dans une case au bord du Saloum puis commençons à négocier notre voyage en pirogue. Il nous faudra toute l'après-midi pour tomber d'accord sur le prix de ces 2 jours de pirogue ... Le rendez-vous est pris pour 10h le surlendemain.
Le soir même nous sommes allés à un tournoi de lutte sénégalaise. Les corps musculeux des participants sont impressionnants, surtout lorsqu'ils sont enduits d'huile ou aspergés d'eau qu ils recouvrent ensuite de sable. Je reste encore perplexe face aux règles ... Les matchs sont difficiles à suivre dans l'obscurité, mais l'ambiance justifie l'expérience. Les tam-tams et les chants donnent du courage aux lutteurs et parfois des groupes improvisent des danses sur la piste entre 2 combats. Les marabouts sont egalement très présents, ils mettent des gris-gris à leur lutteur en récitant des incantations avant le combat. Ce petit manège peut même durer plusieurs minutes.
Retour en arrière vers Fimela le lendemain matin pour prendre la piste de Djilor. Nous arrivons dans un petit village au bord du Sine Saloum et nous faisons connaissance avec les amis de vincent. Thérèse et Gabriel nous emmènent nous baigner puis nous font visiter les plantations agricoles. Je pars dans la soirée assister à la répétition de la messe de pâques avec Thérèse qui fait partie de la chorale. Après les chants en français, le maître de choeur leur fait chanter des chants sereres accompagnés de tam-tams: çà donne envie d'aller tous les jours à la messe ! Après le dîner, Thérèse me tresse les cheveux ... changement de look garanti ! En tout cas c'est bien pratique, plus besoin de se coiffer !
Nous sommes repartis sous les coups de 9h le lendemain pour Ndangame où notre pirogue nous attend. Après la visite de l'île aux oiseaux et de Mar Lodj, nous déjeunons sur une petite plage. Au menu : poisson grillé et riz sauce oignons, tout çà les pieds dans l'eau ! L après-midi nous avons été pêcher, mais je n'ai eu aucune prise. Les poissons ont grignoté mes appats ni vu ni connu et aucun n'a mordu à l'hameçon. Le bivouac nous a permis d'expérimenter les moute-moutes, de terribles mouches , toutes petites mais très féroces ! Elles s'immiscent partout et démangent énormément. Nous sommes partis nous réfugier sous la tente en pensant les semer, mais elles sont rentrées par les interstices. Je me suis enveloppée dans mon drap de soie, des pieds à la tête et le sommeil a finalement fini par me gagner. Les autres ont eu apparemment plus de mal à s'endormir, mais il est vrai que j'ai un sommeil de plomb ! Après la visite des chantiers de pirogues et d'une fumerie de poissons, nous sommes arrivés à Foundiougne où nous avons trouvé un petit campement, au boût du village, au bord de l'eau. Comme le campement est inachevé, le patron nous a dressé une petite table à l'ombre près de l'eau pour le déjeuner. Absolument divin ! Vincent, Thérèse et Gabriel ont débarqué dans l'après-midi comme convenu et nous avons passé une super soirée. Le lendemain matin, Vincent a sorti de ses bagages un pot de nutella ! Ils nous ont également rejoints à Passi pour le dîner ce soir là, mais ils sont rentrés car Gabriel avait école le lendemain. En tout cas, nous avons passé de bons moments avec ce petit trio.
Aujourd'hui nous sommes à Kaolack que nous devons quitter dans la journée direction Tambacounda, à 270km à l'est. |